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Réseaux sociaux | Encore ou plus…?

Second pas de côté…

dans écrire | groummphh | usages | vieillir

Ce vendredi 4 novembre Mastodon.social est à nouveau en rade : cela est dû au grand nombre d’utilisateurs qui migrent de Twitter vers Mastodon et souhaitent impérativement se retrouver sur le serveur du fondateur de ce réseau alors qu’il existe des tas de serveurs décentralisés1, tous aussi efficaces.

Cet arrêt momentané de Mastodon (…impossible de me connecter sur @urbanbikecom une paire d’heures) est propice à conduire à son terme une réflexion qui frémit depuis la prise de contrôle de… Twitter :

Mais qu’est-ce que je fais encore là ?

Avec raison, vous pouvez me rappeler nombre de mes propres billets, les plus récents quand je ressentais les premiers effets de la chute (…d’un pan de mur) de la maison Twitter

Mais c’est plus profond…

Qu’est-ce que je fais encore sur un réseau social !

Non pas que je trouve cela inutile, je garde un pied dans Twitter et la porte plus largement ouverte dans Mastodon

Non, la question est : est-ce que ce format me convient ?
Certes, je suis passé d’un dispositif de 280 caractères à 500 sur Mastodon ; certes, je rencontre virtuellement de nouvelles têtes. Et, bien agréable, quelques copains…

Mais dois-je continuer à publier aussi abondamment sur ces plateformes sans avoir l’espace pour développer. Est-ce que le format d’urbanbike ne reste pas le plus adapté à ma manière de fonctionner, quitte à pondre des suites à rallonges à certains billets…?
Je pourrais/devrais ajouter :

Où suis-je le plus à l’aise…?

Poser cette question est déjà y répondre…

Ce n’est pas faute d’essayer…!

Hier j’ai modifié mon profil sur Mastodon.social, ajouté nombre de d’informations pour rassurer (sic !) les personnes qui souhaitent me suivre : j’ai ainsi répondu aux injonctions de quelques comptes sur Mastodon qui demandent aux uns et aux autres de se présenter.

Donc, je l’ai fait très proprement…

Et puis, ce matin, j’ai tout défait (…avant la panne de mon instance). Ne dois-je pas passer en mode silence radio quasi complet.

En l’espace d’une semaine, il s’est déroulé énormément d’événements (l’annonce d’un nouveau réseau (Bluesky Social), la possible faillite d’un autre (Truth Social), voire le gag à propos du rachat d’un réseau historique !), mais il est surtout temps de prendre du recul…

En être ou ne pas en être : telle est la question !

Depuis quelques mois/années, est-ce que je ne fais pas fausse route ?
Je me suis bien amusé sur Twitter2, Mastodon est sympathique, mais j’ai vieilli (oui…!).
Mes préoccupations, mes envies ne sont plus identiques à celles d’il y a seulement deux ans.

Ce qui est amusant, c’est que je ne suis pas le seul à phosphorer…

Anthony écrit ceci sur Mastodon : « Après quelques jours, je me souviens pourquoi je ne fais jamais long feu sur Mastodon. Il ne résout rien aux problèmes soulevés par « le » flux, d’autant moins que ses outils de blocage et filtrage sont rudimentaires. Or cette injonction à l’immédiateté me fatigue au plus haut point. Créez des blogs (le mien : zinzolin.fr) ! Avec des flux RSS3 et des newsletters ! Laissez-nous une chance de pouvoir retenir vos paroles ! Cultivez votre jardin, et pas celui d’un autre, aussi « fédéré » soit-il. »

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Pour conclure : depuis l’annonce d’Elon Musk de racheter l’intégralité de Twitter, j’ai fait un premier pas de côté.
Il est temps de faire le second…

Et hop…!4


  1. Pour ma part je suis également sur deux autres instances et ça ne pose aucun problème. L’appel d’air autour de Mastodon.social a un effet boomerang que même Eugen n’avait pas suffisamment anticipé… C’est comme si 10 000 personnes souhaitaient pénétrer dans une salle prévue pour 1 000. À un moment, ça coince… ↩︎

  2. Mes comptes Twitter ne sont pas fermés : je les vidés de tous mes tweets. Pour Mastodon, cela va se faire naturellement avec le système de suppression interne des pouets que j’ai activé. Dans une semaine, ce sera fait… ↩︎

  3. Bon, coté RSS, j’ai même l’impression d’être un père Feed (vous l’avez…?) avec tous ceux que je parcours quotidiennement via Reeder. ↩︎

  4. Comment le dit mon maître, Achille Talon… ↩︎

le 04/11/2022 à 14:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Cerveau et mécanismes d’identification

Déceler l’incongru

dans nazbrokology | photo | voir

Ce billet est né en mars 20191 un après-midi le long du rio Tormes, en marchant et en échangeant avec ma fille.

Avant de rejoindre son université, comme il fait souvent beau soleil même si les 12° nous obligent à nous couvrir, nous maintenons cette habitude de faire un grand tour à pied dans Salamanque2.

Échanger pour nous, c’est parler de tout, s’intéresser à l’autre, à ses centres d’intérêt du moment, préoccupations, activités et rencontres du jour.

Tout en discutant, mes yeux restent attentifs tant aux piétons que nous croisons, à l’environnement automobile, passages cloutés, paysages urbains.

En traversant le Tormes par le pont Esteban, filant vers la petite église de la Santísima Trinidad limitrophe du parking où l’on gare généralement le Jeep, le vent s’invite et notre discussion dérive vers nos balades sur les sentiers côtiers de belle-île, ses premières3 photos au 100 macro, glosé sur les clichés actuels au iPhone. On finit par obliquer vers l’ouest pour traverser à nouveau le fleuve en empruntant, cette fois-ci, le vieux pont romain.

C’est alors que nous en sommes venus à évoquer ce qui nous amuse, le sens du détail dans nos approches photographiques.

Nous avons tous en nous des mécanismes plus ou moins émoussés hérités de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs.

Pour éviter de se faire dévorer par d’autres animaux, nos lointains parents ont développé des qualités indispensables à leur survie, aptitudes qui sont nettement moins utilisées aujourd’hui au quotidien.

C’est ce que je pourrais qualifier de vigilance permanente à l’environnement, une capacité à analyser à notre insu tous ces bruits ou éléments de faible intensité, ces détails que d’aucuns perçoivent peu mais que ma fille et moi entendons et, surtout, entrevoyons.

Pour Aurélia, je l’ai constaté très tôt, notamment lors d’une balade à Bornord (Belle-île-en-mer). Nous marchions sur un sentier bordé d’ajoncs, la partie au sud-ouest proche du rivage qui mène vers le banc de Marianne, un passage étroit entre deux lèvres végétales.

À un moment, Aurélia s’est arrêtée sans mot dire.
J’ai suivi la direction de son regard pour comprendre le pourquoi de cette halte soudaine : une sauterelle verte quasi invisible sur fond vert. J’en avais parlé ici d’autant qu’elle l’avait fait à deux occasions.

Elle a cette capacité à voir ce qui est incongru dans son champ de vision. Si aujourd’hui, cette capacité est moins nécessaire pour survivre (et ça reste à discuter), elle est bien utile en photographie.

Et c’est bien à cela que je veux en venir.

Utilisons ces sens hérités des générations précédentes (…de ceux qui eu le temps de nous les transmettre…!) en les réorientant (sic !) pour d’autres usages.

Ce qui fait soudainement irruption dans notre environnement peut devenir un point d’intérêt, voire une scène à photographier. Je ne vais pas délayer !

Avant même d’identifier la nature du danger ou l’incongruité de la situation, votre cerveau nous alerte : éduquons-nous pour figer temporairement cette situation et l’analyser — non plus en terme de danger (quoique !) — mais en tant qu’opportunité pour une photo, une narration.
Voire les deux.

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Cette image banale décrit mon état d’esprit actuel entre activité physique (le brompton au dernier plan) en sommeil et l’irruption de plus en plus marquée de ce truc nommé vieillesse… Entre la polaire de mon père et mon nouveau corset4, seule la sangle de gainage apporte une touche de couleur stimulante…


  1. Oui, ma case billets froids (ici… Nazbrokology-20190320-1831) est assez remplie… ↩︎

  2. urbanbike | Ancres | Salamanca | 1 ↩︎

  3. urbanbike | De la douceur dans les pixels ↩︎

  4. Lombobelt Activ - Orliman ↩︎

le 03/11/2022 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Du bistrot à la brasserie…

Nouveau propriétaire, nouvelle carte

dans mémoire | usages | vieillir

Nous avons tous vécu la perte d’un bar de quartier, lieu habituel de rendez-vous où l’on se retrouvait, où l’on était reconnu et, accessoirement, où l’on déjeunerait…

Et puis un jour, l’enseigne change, les patrons également…

J’ai vécu cela plusieurs fois mais particulièrement…
Au bar de la Marine en face de La Bruyère.
Puis au Ver Luisant entre Concorde et Vendôme.
Deux lieux populaires, animés, vivants.

Quand j’étais en terminale (prescription…!), je croisais aux aurores (je suis devenu un lève tôt en pension) les chauffeurs de la SERNAM (…qui démarraient au verre de blanc cassis et tartine camembert beurre…!), quelques postiers, les boueux qui laissaient leur camion-benne à l’angle de la rue de Noailles. Et les premiers lycéens.

Le second à Paris chez Juliette et Pierre.
On y croisait tous ceux qui bossaient rue du Mont-Thabor entre la rue Cambon et la rue de Castiglione : en gros, le personnel des grands hôtels, les techniciens photo de Rainbow Color, les copains opticiens de chez Meyrowitz. Sans oublier une flopée d’employés de bureau, coiffeurs, modistes, imprimeurs, serruriers.
Et nous.

Au Ver Luisant, on se faufilait le matin entre les tables et le bar ; Pierre jouait du percolateur dès 06:30 pour servir des cafés tout en nous passant le journal.
Le midi, il fallait impérativement arriver de bonne heure (ou revenir une heure plus tard) pour consommer le plat du jour mitonné par Juliette dans sa cuisine.

De table en table, les discussions se croisaient comme les paniers de pain et les carafes d’eau. J’ai particulièrement apprécié cette convivialité pendant des années. Même nos clients venaient s’encanailler (!), tombaient la veste. Tout le monde se connaissait, l’ambiance était superbe, Juliette et sa serveuse (…trou de mémoire, je n’arrive par à retrouver son prénom… Paulette, Pauline ?) officiaient avec leur autorité naturelle, les occasions de blaguer nombreuses.

Quid du Petit Bar dans la même rue mais plus à l’Est après le sublime Kinugawa, un bistro tenu par des personnes de l’Allier, une ambiance familiale (dernier passage avec Yvon en juin 2018). Il est encore ouvert, une rareté dans Paris…

Quasi même topo dans un restaurant plus coté à l’angle de la rue de Mondovi et à l’Ouest de la rue du Mont-Thabor, Lescure, malheureusement fermé.
Tenu par un couple attentif (…troisième génération dans ce lieu ouvert en 1919), deux commis officiant en direct dans la cuisine ouverte sous le regard des clients.
Et un service épatant (…André imperturbable et son alter ego au regard triste…) pour nous caser, servir à bout de bras les assiettes de confits de canard du Périgord – à la bonne franquette – dans un espace exigu, parfois autour de la table d’hôte où nous étions au coude à coude avec des inconnus avec qui le contact se faisait naturellement. Ou sur la terrasse l’été.
Terminé…

Changement d’ambiance…

En 2010 (?), Pierre et Juliette ont pris leur retraite et cet espace est devenu un banal estaminet, l’esprit du lieu s’est évaporé.
Notre imprimerie de ville est devenue un café…!

Les français sont sensibles à ces tiers lieux1 qui ne sont pas que des endroits pour se nourrir.

Je raconte tout ceci parce que c’est ce que je ressens avec… Twitter…!
La précédente équipe avait certes des défauts (et une dette colossale) mais le lieu était en partie tenu, même que l’oncle raciste avait fini par être débarqué.

Et puis la nouvelle équipe est arrivée après une acquisition stratosphérique2, commence à changer le mobilier, la carte.
Et souhaite imposer sa marque et de nouveaux tarifs3

Or une clientèle n’est jamais totalement captive : une petite partie cherchera, tôt ou tard, à retrouver ailleurs cette convivialité perdue.

reduc-450

Ici, rue Vasselot à Rennes le 4 octobre…

le 02/11/2022 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #