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ManyBooks | Perles de voyage à (re)découvrir

Et nouveau format…

dans ancres | lire

Le fil RSS des versions françaises de livres disponibles sur ManyBooks offre des perles à ne pas manquer. Enfin, tout dépend de sa propre curiosité… Je ne sais pas si le site a été optimisé mais il répond plus vite que dans le passé et offre également le format idoine pour le Kindle d'Amazon (lire ce billet pour les autres formats sur urbanbike).

Dernières livraisons, le dictionnaire complet de l'argot employé dans les Mystères de Paris, livre paru en 1844… Hormis des explications très précises des différents types de vol (au radin, au carouble, au poivrier, au rendez-moi…) et une partie dictionnaire, vous trouverez des phrases complètes et savoureuses…
Quand le pentre t'a rembroqué, tu as fargué.
Quand l'homme t'a regardé, tu as rougi.
Le trep aboule, esbigne-toi et cavale dure.
Le monde vient, sauve-toi et cours vite.

Ou encore quelques journaux de voyage anciens dont, hier, celui d'Édouard Charton en Sicile (1860). C'est toujours amusant de confronter sa propre vision du monde et celle de ce voyageur…
Florilèges de préjugés :
La piété ignorante et grossière des modernes Syracusains ne mérite que le nom d'idolâtrie. Ils ont des madones d'argent qu'ils couvrent de pierres précieuses et de diamants, et qu'ils mènent en grande pompe et au milieu d'un bruit étourdissant, visiter d'autres madones. Leurs passions, quand elles sont éveillées et quand la terreur les met en jeu, deviennent, comme on l'a vu en 1837, furieuses et sanguinaires.
Les femmes de la classe aisée ont peu de liberté ; elles sortent rarement, et ne paraissent point dans les rues sans cacher, sous les plis de leurs mantes noires, des visages où l'on retrouve quelques traces de la beauté grecque. Quant aux femmes du peuple, qu'on voit occupées à laver le linge dans les eaux de la fontaine Aréthuse, leur teint hâlé et flétri, leurs corps à demi couverts de vêtements en guenilles, ne font naître et ne rappellent aucun sentiment poétique.

Ou encore cet abrégé de l'histoire général des voyages de Jean-François de la Harpe (1825)… Avec un autre jugement d'époque :
Les femmes des Nègres ont l'humeur fort gaie, surtout dans leur jeunesse, et prennent beaucoup de plaisir à la danse et au chant. Le temps de ce divertissement est la nuit, à la lueur de la lune.

Bref, pas grand chose à voir avec le style d'Émile Zola dans Lourdes (récit de voyage également)…!
Dans le train en marche, comme les pèlerins et les malades, entassés sur les dures banquettes du wagon de troisième classe, achevaient l'Ave maris stella, qu'ils venaient d'entonner au sortir de la gare d'Orléans, Marie, à demi soulevée de sa couche de misère, agitée d'une fièvre d'impatience, aperçut les fortifications.
— Ah! les fortifications ! cria-t-elle d'un ton joyeux, malgré sa souffrance. Nous voici hors de Paris, nous sommes partis enfin!
Devant elle, son père, M. de Guersaint, sourit de sa joie ; tandis que l'abbé Pierre Froment, qui la regardait avec une tendresse fraternelle, s'oublia à dire tout haut, dans sa pitié inquiète :
— En voilà pour jusqu'à demain matin, nous ne serons à Lourdes qu'à trois heures quarante. Plus de vingt-deux heures de voyage !
Il était cinq heures et demie, le soleil venait de se lever, radieux, dans la pureté d'une admirable matinée. C'était un vendredi, le 19 août. Mais déjà, à l'horizon, de petits nuages lourds annonçaient une terrible journée de chaleur orageuse. Et les rayons obliques enfilaient les compartiments du wagon, qu'ils emplissaient d'une poussière d'or dansante.

Bref, une mine pour lecteurs et voyageurs…!

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Rien à voir : pour que certains comprennent un peu mieux le stress permanent de la profession d'architecte, ce texte de David Ventre qui préfère se retirer de cette profession… Son expérience n'est malheureusement pas unique et j'ai rencontré quelques architectes coulés par des procédures inextricables…

le 26/03/2008 à 06:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Livio de Marchi

Tout en bois

dans voir

C'est à voir sur mostinterestingblog.blogspot.com, c'est pas toujours d'un goût exquis mais c'est souvent amusant et il ne manque qu'un raton laveur…

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Le site de l'artiste liviodemarchi.com

En bois également, ces tables et chaises de leif.designpark

le 24/03/2008 à 20:36 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Cap Horn

Francisco Coloane

dans ancres | lire

Bon, si vous avez le bourdon, pas la peine de vous plonger dans ces nouvelles sombres et glacées… Superbement écrites, elles recèlent cette part d’angoisse que l’on peut ressentir quand on vit à plein temps sur une île battue par les tempêtes, balayée par le vent… Et là, ce n’est pas n’importe laquelle…
Pour ma part, étant d’un naturel optimiste, je lis une nouvelle de temps à autre mais j’évite de m’y plonger entièrement…

Francisco Coloane est chilien et connaît bien le sud, l’extrême sud de l’Amérique du sud… Je l’ai abordé sous la recommandation de la libraire de l’usage du monde, un lieu à moitié enterrée sur une autre île, Belle-île…

Ce qui précède est ce que j’écrivais il y a deux ans, à pâques (première publication de ce billet le 11 avril 2006).

Je découvrais alors Francisco Coloane en ouvrant Cap Horn. La première nouvelle de ce recueil de récits est effroyable…! Les images de ce texte m’ont poursuivi quelques jours. J’ai remis à nouveau la main (droite…!) hier soir sur ce livre et, confortablement installé sous la couette — tout en sortant toutes les heures pour aller déposer une bûche dans l’âtre…! — j’ai parcouru à nouveau ces histoires terribles du grand sud de l’Amérique du Sud…

Je vous engage à lire d’abord Le passant du bout du monde (je pense toujours que c’est le premier livre à lire pour découvrir cet auteur) puis Tierra del Fuego — chroniqués l’un et l’autre sur urbanbike — qui fonctionne dans la même ligne que Cap Horn…

Relations entre hommes mais aussi, entre l’homme et son cheval et, plus fort encore, avec ses chiens. Bien évidemment, dans les vastes étendues glaciales du Paramo, ce ne sont pas des chiens de compagnie qui sont recherchés mais de véritables associés pour forcer les moutons à revenir dans les filets du corral…!

Coloane sait nous transmettre la dureté de cette vie que lui même a connu gamin quand il est arrivé dans sa première estancia. Il raconte tout, même les abus potentiels (le vellonero) d’autres hommes, les campements lors des transhumances avec leurs risques (une nuit dans le Paramo), l’importance du compagnon à quatre pattes (cururo) mais aussi des histoires de mer incroyables. Comme l’iceberg de Kanasaka, cet éphémère iceberg fantôme que croisent quelques marins et son explication qu’il tient des indiens Yaghan.

Bref, des textes rudes qui n’ont pas le côté délirant des histoires de Jørn Riel mais des situations toutes aussi difficiles de survie dans un milieu franchement hostile… Une sacrée collection de personnages et d’histoires glaçantes.

Et Coloane nous livre en passant nombre de réflexions liées à ses propres aventures… Dont celle-ci que je partage totalement.

Il m’est arrivé plusieurs fois, en mer, d’être bercé dans les bars de la mort; c’est pourquoi je déclinai la proposition : il est très angoissant de se retrouver à l’intérieur d’une souricière assaillie par les flots quand on s’attend à couler à tout instant. J’ai appris à connaître la mer et je sais que l’imminence d’un naufrage est moins éprouvante si l’on est sur le pont en plein vent. En outre, l’attente de la mort n’est pas aussi effroyable sur un petit navire que sur un navire de gros tonnage. Sur le premier, la mer est à portée de main ; les vagues déchaînées nous offrent l’avant-goûts saumâtre des quelques minutes que durera notre agonie ; nous titubons à la frontière de la mort dont nous ne sommes séparés que par un petit pas.

Cap Horn
Francisco Coloane
Phébus Libretto
9782752900814 | 7,50 €

 

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le 24/03/2008 à 11:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #