Pas comme un marteau, bien entendu (!) mais comme une liseuse de ePubs ou un simple appareil photo, radio. Voire une machine à écrire, une carte d’orientation, un outil d’identification de la flore, etc.
Je trouve ridicule de fustiger l’écran : le iPhone n’est pas qu’une machine à recevoir ou expédier des sms, à se connecter à un réseau social.
Ce sont vos usages qui sont essentiels.
Là, je poursuis sur Drafts un billet démarré il y a quelques jours.

Je suis face à l’océan.

Au loin devant moi, l’île de Noirmoutier — que je ne peux discerner —, juste la forêt lointaine d’éoliennes qui se dissout à l’horizon.

J’entends très distinctement le ressac sur ma droite. Et j’emploie cet écran qui m’offre mille possibilités.
J’arrache quelques invasives (griffes de sorcière) pour redonner du territoire aux orpins et aux silènes…
Bref, ne vous laissez pas contaminer par tous ces prêcheurs de l’église de la bonne attitude, la leur (…ou la mienne :-) !
Faites ce que vous avez envie de faire, avec ou sans écran !

En remontant, quelques salicaires jalonnent mon chemin…
En 2005, quand nous avons rédigé et dessiné Comment travailler chez soi, notre univers professionnel était méchamment… câblé.
C’était la condition sine qua non pour bosser chez soi : il fallait relier les divers périphériques par des fils…
Cette contrainte orientait nos suggestions quant à la meilleure manière de s’installer en télétravail chez soi. Relire notre épatant… bref-seller !
Depuis, nombre d’améliorations ont bouleversé ces contraintes initiales : la banalisation du wifi en passant par la miniaturisation des écrans ou l’autonomie des équipement mobiles…
Le MacBook Air 13” M2 sur lequel je tapote ce texte tient la journée loin d’une prise électrique.
Nomade mais chez soi
En 2005, j’écrivais… Essayez de trouver un coin tranquille dans votre habitation… Avec une porte qui vous permettra de vous isoler et, inversement, d’oublier votre univers de travail…!
Désormais, vous pouvez emporter votre outil de travail (iPad, MacBook…) dans la pièce voisine, dans le jardin, à l’ombre…
Mais également vous connecter en dehors de notre domicile en les reliant à votre iPhone…
Si le wifi est synonyme de Box internet connectée à une ligne ADSL ou à la Fibre, ne pas oublier le déploiement des antennes relais 3G, 4G et 5G…!
Pour notre part, nous n’avons plus de box internet depuis deux ans (…payer un abonnement localement alors que nous étions cinq mois à l’étranger ou en vadrouille en France est un non sens économique…).
Un simple iPhone qui partage sa connexion avec un iPad ou un MacBook suffit pour travailler.
J’insiste sur ce fait car le tandem iPhone 14 Pro Max + MacBook Air 13” M2 fonctionne correctement avec une connexion 4G en mobilité : les deux écrans peuvent être reliées par un simple câble USB C - Lightning.
Ou via un partage de connexion en wifi…
C’est ce dispositif que ma petite tribu utilise individuellement. Soit iPhone + iPad, soit iPhone + MacBook.
— Oui, mais cela représente quatre gros abonnements chez Free…?
— Certes, mais nous nous partageons entre plusieurs lieux et chacun reste responsable de ses 210 Go de data mensuels…
Et je vous laisse calculer le coût de trois ou quatre gros forfaits versus autant de forfaits économiques + une grosse box (…alors que dire de deux box…).
Comme écrit plus haut, c’est plus économique que de disposer de deux box non utilisées la majeure partie du temps…
Un peu de connexion Box ne nuit pas…
On se heurte à la limite de cette solution avec des machines qui ne peuvent pas supporter de grosses mises à jour, ces dernières nécessitant du wifi et non une connexion wifi partagée depuis un iPhone reliée au réseau téléphonique…
En revanche, comme nos iPhones sont nos points de connexion, chaque écran dispose de son profil nextDNS que l’on peut moduler en fonction du pays ou des circonstances.
Sans oublier NordVPN pour nous connecter sur des serveurs ou services en France quand nous sommes à l’étranger.
Enfin, quand nous passons une nuit dans un lieu disposant d’un wifi de qualité (…hébergement dans un gîte, université ou simple connexion ouverte à tous les vents), on en profite pour réaliser alors ces mises à jours qui échouent habituellement, voir des sauvegardes de chaque écran sur le Cloud. D’où les deux apps citées précédemment…
C’est tout…
D’aucuns n’ont peut-être pas compris le concept du télétravail. À leur décharge, ce qui suit semblait naturel aux auteurs de Comment travailler chez soi en 2005 — relire urbanbike | Travailler chez soi, 15 ans après ! — avec, l’un comme l’autre des enfants à charge, Lukino à Montpellier et moi à l’ouest de la région parisienne…!
Il y a… pffffff, déjà… dix sept ans, nous étions encore jeunes… Et incapables de tenir en place, entre les charrettes pour achever nos missions, les courses pour la maisonnée, les gamins à récupérer, les taches ménagères…
Bref, la question de l’activité physique n’était pas une préoccupation…
Pandémie, restriction de circulation…
Or nombre de personnes n’ont découvert le travail à domicile qu’à l’occasion de la pandémie de 2020, un peu contraints et forcés par les évènements.
N’étant pas préparés cette expérience pas plus qu’aux soudaines restrictions de déplacement, elles n’avaient pas encore nos habitudes quotidiennes de vie et travail à domicile, habitudes affutées par des décennies de pratique.
Il est clair que cette limitation a été un facteur supplémentaire à la sédentarité ; que nombre de personnes, par peur d’être contaminées, ce sont peu à peu laissés enfermer chez eux.
L’expérimentation de la cuisine et des bons petits plats expérimentaux pour se remonter le moral a été assurément un facteur aggravant !
Enfin, la possibilité d’être livrés chez soi par coursier n’a rien arrangé. Voire se poursuit, pour le coup, à peser sur la santé des télé-travailleurs qui en abusent…
Un logement cosy ? Un piège redoutable…!
Mais il y a encore un autre aspect que décrit fort bien cet article d’ArchDaily… Is Comfort Killing Us?
“While homes are becoming increasingly smart, we are slowly going backward,” Joiner continues. “We have single-floor homes with standard plans, a lift in the center of the design, and appliances that think for you. With home automation, we no longer need to get up to answer the door or operate the thermostat, lights, music, or curtains. Your digital home assistant even monitors the fridge and controls your robot vacuum cleaner. This has reversed the relationship between the home and the city: while before we still traveled to the city center for work, a film, a date, or a restaurant, your home has now become the center. This means we have to move less and less and that we rarely come into contact with spontaneous new experiences and people.”
Et ce constat est loin d’être anecdotique…!

Plus sain à la campagne…
Vivre à la compagne incite nettement plus à sortir…
Déjà parce que les livraisons — quelles qu’elles soient — sont plus compliquées (sur mon île, nombre de produits du grand fleuve (sic…!) ne sont pas disponibles à la livraison, ce qui résout instantanément le problème…).
Si vous habitez un hameau, un lieu-dit, seul le facteur et les voisins savent vous retrouver (et encore…!).
Or, pour ne pas mourir de faim, vous êtes bien obligés de sortir pour vous rendre un matin par semaine au marché local hebdomadaire, à l’épicerie ou boulangerie située à quelques kilomètres. Ou vous rendre à la grande ville (re sic !) distante dune grosse dizaine de kilomètres ou aux moyennes surfaces commerciales en périphérie…

Enfin, au prix du litre de carburant (…Belle-Île en mer est l’un des territoires les plus onéreux à ce sujet), vous avez repris la marche à pied, redécouvert le vélo, l’usage du sac à dos et des Sandows…
Mais aussi redécouvert l’usage d’une veste de mer, d’un bonnet, de chaussures de randonnée pour affronter les averses, les coups de vent…
Activités indispensables qui conduisent naturellement les habitants de la campagne à bouger et apprécier d’avoir la nature à portée de semelles…
Sans oublier un autre élément : ici, vous saluez nécessairement des gens que vous avez déjà rencontré…
Pour ma part, me rendre au marché est l’occasion d’échanger avec une dizaine de personnes… Et de se rendre service, soit pour vous emmener au village voisin ou passer à l’unique pharmacie avec votre carte vitale et votre ordonnance…
De l’importance de se ressaisir !
En résumé, ressaisissez-vous…!
Vous ne vivez pas dans une étable en attendant une livraison de fourrage. Nombre de mes contacts reconnaissent avoir pris de l’embonpoint en bossant à domicile.
Et, pour s’éviter les aléas climatiques, pianotent sur leur ordinateur pour commander un peu de boisson énergisante ou de nourriture prête à être réchauffée…
Pas une vie très saine qui, de plus, d’oppose aux objectifs du travail à domicile…!!
Bref… Si vous habitez en ville, profitez-en pour en faire le tour, l’inventaire, explorez les cours, les passages, les venelles (…et trouver le raccourci idéal pour filer à la Poste ou à cette pâtisserie de compétition dénichée dernièrement)…

Levez les yeux et repérez pour la première fois ce superbe balcon, cette sculpture d’angle. À la campagne, c’est repasser par le vieux lavoir, admirer le potager d’un voisin… Ou apprécier les nuages de pluie qui s’approchent après trois mois sans une goutte d’eau…
C’est tout…!

Sans oublier les myriades d’insectes (enfin, là, en mars…!) qui sont à portée de regard et que vous ne voyez pas… Autre motif de sortie…