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FrameMaker : après les éditeurs, les compositeurs…

No migration

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Nos articles sur FrameMaker sont lus avec beaucoup d’intérêt par nombre d’acteurs de la profession. Après les directeurs de production, ce sont les compositeurs qui s’expriment et pas les moindres…
Un compositeur, c’est la personne qui met en pages le livre entier, organise le flot de texte, insère les corrections, assure la laison des schémas… Bref, compose le livre. Un métier ingrat qui demande de vivre le nez collé à son écran et d’être rigoureux, souvent plus royaliste que le Roi.
Témoignage.

Comme Jean-Pierre Bué, Alain Chichery fait partie de ces personnages de l’ombre qui fabriquent le livre. Et ses propos sont directs…

Je souhaite vous exprimer, par ces quelques mots, tout mon soutien à votre "coup de gueule" à propos de l'absence d'évolution de FrameMaker vers OS X.

Fournisseur pré-presse de Dunod (entre autres sociétés d'édition), j'ai attendu avec une impatience grandissante le portage de cette application sur Mac, suivant sa migration depuis les stations de travail tournant sous Unix, en passant par le monde PC, pour pouvoir l'acquérir dès qu'il fut disponible sous Mac OS.

Les arguments en faveur de ce logiciel sont très nombreux. Certes, il n'est pas idéal pour ceux qui doivent réaliser une conception graphique sur quelques pages et il ne sera pas le préféré des habitués de l'à peu près en matière de mise en page. C'est en revanche le meilleur outil de production pour tous ceux qui doivent travailler avec rigueur sur l'élaboration de documents complexes et volumineux, surtout s'ils comportent du tableautage et de la formulation mathématique. Ses quelques faiblesses en matière de traitement "élégant" du texte sont alors vite oubliées.

Je suis, comme vous, inquiet quant à l'avenir de ce logiciel. Pourtant, les coûts de développement nécessaires au portage sous OS X seraient pour Adobe des coûts marginaux (le plus gros du travail était fait par avance). Cette évolution permettrait sans doute un fonctionnement plus stable de l'application (moins de plantages dus à Classic) et nous offrirait effectivement la possibilité d'accéder "naturellement" aux formats informatiques maintenant courants dans nos métiers. Par ailleurs, l'évolution de FrameMaker vers OS X permettrait de poursuivre la symbiose entre Apple et Adobe, le tandem gagnant dans notre domaine d'activité.


Inutile de dire que je partage à 200 % ces propos, surtout ce point : le meilleur outil de production pour tous ceux qui doivent travailler avec rigueur sur l'élaboration de documents complexes et volumineux, surtout s'ils comportent du tableautage et de la formulation mathématique.

NB : Alain est un garçon modeste mais Edicompo bosse pour également pour Bordas, Nathan

le 09/01/2004 à 09:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

FrameMaker, suite…

No migration, suite

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Encore un témoignage, celui de Christian du Manoir, Directeur de Production de Pearson Education France
Christian fait sien les propos de ses pairs, particulièrement ceux de Bruno Fisseux, son alter ego chez Dunod et Dalloz

Christian gère 160 à 180 nouveautés par an, qu'il sous-traite à de gros compositeurs spécialisés.
Et il ajoute :
En tant que donneur d'ordre, je ne sélectionne plus que des partenaires qui maîtrisent FrameMaker. Ceux qui utilisaient d'autres produits s'y sont mis.
Aujourd'hui 90 % de nos ouvrages sont réalisés sous Frame. Et si l'on ramène ce ratio au nombre de pages produites, nous devons nous approcher des 98 %. Ai-je besoin de préciser que tout ce petit monde (moi compris) travaille sur Mac ?


Bref, dans le monde de l'édition, FrameMaker est LE soft dès qu'il s'agit de PAO Éditoriale, pour reprendre le terme de Jean-Pierre Bué… Et la machine de production, un macintosh…

Nota : ce qui est drôle, c'est que Christian gère la fabrication des marques Pearson Education, CampusPress, Peachpit Press, Village Mondial et les éditions françaises des ouvrages d'Oracle Press, Macromedia Press, Cisco Press et… Adobe Press !


Un petit mot à ajouter ?

Ajout du 25 juin 2007. Pour mémoire, Christian et Bruno ne sont plus. Deux excellents fabricants morts dans l'exercice de leur boulot.

le 07/01/2004 à 14:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

FrameMaker : les professionnels grognent !

No migration

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L'absence d'informations sur l'avenir de FrameMaker sous OSX énerve les professionnels. Et ce n'est pas la dernière annonce, celle de l'arrêt de PageMaker, qui leur donne le moral.

Suite au papier paru dans MacDigit le 18 décembre 2003, j'ai reçu des témoignages de professionnels assez indignés de l'absence d'information d'Adobe quand à la migration de FrameMaker sous OSX.

Que ce soit par e.mail ou par téléphone (quelques directeurs de fabrication d'importants éditeurs francophones ainsi que des éditeurs spécialisés qui gèrent de gros flux SGML ou XML).
Bref, ces utilisateurs ne sont pas de simples clients lambda, mais des professionnels qui mettent en place des chaînes de production lourdes et coûteuses pour leurs entités respectives. Nombreux sont en train d'upgrader leurs machines. Ainsi 14 G5 viennent d'arriver chez Dunod.

Bref, tout ceci pour simplement rappeler que ce n'est pas une réaction épidermique.

Un extrait du e.mail de Jean-Pierre Bué (TYPAO) :
Au début des années 1990, les éditeurs fabriquant des ouvrages techniques, scientifiques et médicaux ont évolué vers la PAO pour gagner en souplesse et en efficacité par rapport à la photocomposition.
Les logiciels d'édition courante (XPress, PageMaker) utilisables dans ce cadre, souffraient de limites très nombreuses dans le cadre d'ouvrages structurés, comportant de nombreux niveaux de titres, des tableaux, des illustrations techniques, des index, des tables des matières, des notes bas de pages, etc.
Un logiciel de traitement de texte structuré, au départ destiné à d'autres utilisations, offraient dès ses premières versions des réponses valides à ces problèmes. Nous l'avons adopté et diffusé alors avec enthousiasme.
Depuis, l'édition structurée sur FrameMaker est de loin supérieure pour ce type d'ouvrages aux logiciels concurrents.
FrameMaker s'est donc imposé pour ce type d'éditeurs, en France comme ailleurs : de nombreuses co-éditions suscitant des échanges de fichiers, force est de constater que ce logiciel s'avère dominant pour ce type d'ouvrages, jusqu'aux manuels d'Adobe, réalisés sous Macintosh avec FrameMaker, Illustrator et Photoshop, triplette incontournable…
Dans cette niche, à tort ou à raison, les ordinateurs Apple sont majoritaires, par habitude et par esprit pratique (rappelons que jusqu'à la fin des années 1990, ils étaient les seuls capables d'assurer l'ensemble des travaux pré-presse).
Il semble aberrant que le logiciel ne soit pas encore compatible avec OSX, cet OS devenant quasi obligatoire pour tout nouvel acquéreur de machines Apple.
Un portage sur ce système et quelques développements supplémentaires quant à la forme (gestion des notes bas de pages pour ouvrages multicolonnes, gestion de grisés derrière des styles paragraphe, amélioration de la gestion des équations, gestion des couleurs…), seraient bienvenus et témoigneraient de la volonté de l'éditeur du logiciel de continuer à offrir une solution de PAO éditoriale Mac complète.


Un extrait du e.mail de Slobodan Despot (EDITIONS L'AGE D'HOMME) :
J'ai découvert FrameMaker dans un contexte de sciences dures, et l'ai aussitôt imposé comme programme de mise en page standard (pour ouvrages littéraires) dans la maison d'édition où je travaille.
Depuis plus de 10 ans, ce sont ainsi 100 à 120 titres qui sortent de notre atelier de 3 personnes. L'efficacité de FM n'est pas étrangère à ce rendement. C'est assurément l'outil de travail le plus intelligent et le plus dépouillé à la fois que j'ai rencontré sur un ordinateur.

Mais voici: nous avons peu à peu installé MacOSX sur toutes les machines de production. FrameMaker est désormais le dernier programme à tourner sous Classic.
Nous avons (folle ambition!) réclamé à Adobe la version X.
Nous avons protesté à cause du stupide bug des notes bdp, qui dérivent d'une page à l'autre et nous obligent à faire certains ouvrages exigeants "à la main".
Nous sommes intervenus sur les principaux forums FM.
Rien à faire!!! Le client fidèle, l'utilisateur pro? C'est qui celui-là?


Ou encore cette citation issue d'un e.mail privé que m'a adressé Bruno Fisseux, Directeur de la Production des Éditions DUNOD et DALLOZ
Nous avons été à la Fab chez Masson et sous l’enthousiasme de Jean-Pierre Bué à l'origine de l'utilisation de Frame au sein des grandes maisons d'édition scientifique et médicale traditionnelles (je ne parle pas des revues techniques très spécialisées).
Jean-Pierre avait monté à l'époque entre 1992-93 un service Frame dans notre unité de prépresse intégrée à notre imprimerie Snel de Liège. Depuis 1991 que je publie des bouquins techniques et scientifiques réalisés sous FrameMaker (80 % sur Mac) pour Masson et ses filiales entre 91 et 97 (Lechevalier, Armand Colin, Delmas, Pradel), et depuis 1998 pour Dunod, Dalloz et leurs marques associées (InterEditions, EdiScience, ETSF, Microsoft Press, Delmas, Armand Colin, Sirey, etc.), l'annonce d'Adobe m'a consterné.
Bien sûr que Frame marche sur PC mais 80 % de mes sauvegardes sont en format Mac, avec les polices Mac, et la récup n'est pas du 100 % garantie quand on passe de Mac à PC.
C'est plusieurs milliers de bouquins réalisés avec ce logiciel, dont une majorité sont des titres à rééditions régulières, donc ça va me poser un problème (et me coûter cher...) pour les mises à jour de ne plus avoir de produit Frame suivi sur Mac OSX.
On a fait à Adobe une méga pub depuis plus de 10 ans puisqu'on a imposé à nos fournisseurs de lâcher Page Maker, Xpress et autres Ventura, voire des plus gros systèmes (Miles, Caligram...) pour utiliser Frame. On leur a demandé d’investir pour du matériel performant, on a exigé qu’ils fassent les mises à jour, j’ai exigé de mes imprimeurs qu’ils s’équipent en Frame pour pouvoir faire les corrections de dernière minute dans les fichiers et leur ai imposé de flasher le Frame natif. J’ai fait en 5 ans deux programmes de trois jours de formation à FrameMaker pour l’ensemble de mes fabricants (le dernier, l’an passé), on a investi dans les mises à jour régulièrement, bien que ne faisant pas de production en interne, mais pour pouvoir contrôler le travail de nos fournisseurs, donner des directives précises, faire des tests de récupération de données auteurs, et vérifier les fichiers BàT avant d’archiver proprement tous nos ouvrages en format Frame natif avec les hautes déf et les polices, et aujourd'hui ils nous laissent tomber. J’ai peine à le croire.
Si c’est vrai, c'est décevant, et pitoyable ! Si chez ADOBE ILS NE SONT PAS CAPABLES DE FAIRE TOURNER EN UNIX UN LOGICIEL INITIALEMENT PROGRAMMÉ POUR TOURNER DESSUS... Ça ne doit pas être plus simple de le programmer pour Windows ! Dire que des développeurs de produits shareware, et même de freeware, ont réussi la migration d’OS9 à OSX... Ce n’est pas glorieux pour les ingénieurs d’Adobe ! Mais nous vivons dans un monde moderne !

le 06/01/2004 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #