En février 2013, Anne m’avait écrit ceci depuis son iPad à propos des barres additionnelles et de Markdown…
Nous n’étions pas d’accord mais cette femme directe et précise argumentait avec talent. Aussi, j’ai conservé sa démonstration.
Cher Jean-Christophe,
je connais Daedalus, que j’avais acheté sur vos conseils je pense, mais dont je n’ai jamais rien pu faire. Ça ne convient pas à ma manière d’écrire. La barre supplémentaire ne présente que peu d’intérêt pour moi, ce que je veux, c’est précisément ce qu’offre iA Writer. Des accents à portée de main, plus quelques autres signes. Ça me permet de ne penser qu’à ce que j’écris. De devoir me dire (même en très abrégé) dans ma tête «maintenant-je-change-de-clavier» ou «maintenant ne pas taper, mais glisser» pour avoir un accent ou un signe typographique usuel comme l’apostrophe, ça me coupe le flux. J’ai appris la dactylo avec dix doigts à quatorze ans, c’est intériorisé, je n’ai plus besoin d’y penser, c’est la condition sine qua non. Voilà pourquoi je n’utiliserai jamais Markdown avec un de ces programmes. Tous les chichis, je les fais plus tard avec Nisus (qui est déjà infiniment plus simple que Word). Ce que je veux avec un traitement de texte, c’est qu’il écrive – comme une machine à écrire, rien de plus, juste avec moins de fatigue.
Sur le Mac, je dois dire que la largeur de la fenêtre, même sur le Air 11”, fait que ce qu’il y a autour ne me dérange pas. La palette à droite du texte me permet de faire les formatages simples d’un clic, ça me va très bien. Sur l’iPad par contre, où la place est plus mesurée, dans tous ces traitements de texte il faut réfléchir, faire des apprentissages dits simples mais qui sont assez complexes et ça me trouble.
Un mot enfin pour TextExpander: c’est la même chose. Si je dois me mettre à penser à ma liste d’abbréviations, je suis fichue. Je comprends que cela puisse être très utile à un dyslexique. Pas à moi.
J’ai jeté un oeil à Nebulous. Dommage qu’ils n’aient pas mis quelques lettres accentuées au lieu de certains signes qui font à mon avis double emploi. Cela dit, ce n’est plua le “machine à écrire” voulue par Oliver, c’est un traitement de texte sophistiqué.
Amitiés.
Anne
Voila, je trouve sympa de partager ce texte dans ces circonstances. Un unique regret, ne l’avoir jamais rencontrée… Salut Anne.
En discutant avec Marc Autret mercredi dernier, en fin de conversation, nous avons bifurqué sur le balisage Markdown que nous employons l’un et l’autre.
Marc est un utilisateur nettement plus pointu que moi et depuis longtemps. C’est lui qui m’avait signalé le script de conversion d’un texte balisé en Markdown vers les styles paragraphes de Adobe InDesign.
Pour ma part, j’ai découvert ce balisage en février 2011. J’avais été intrigué par le fait qu’il soit mentionné dans Nebulous Notes que je testais alors et j’ai voulu en savoir plus… Du coup, je l’adopté dans les semaines qui suivirent, sidéré — littéralement — par cet œuf de Colomb textuel.
Ce qui m’avait séduit sur le moment et continue à me convenir…
- l’absence de format propriétaire (j’en avais assez des variations de format de Word et donc de la quasi obligation d’acquérir une nouvelle version de cet ouvre boîte numérique devenu un standard incontournable),
- le poids ridicule des fichiers (et pour cause, du pur texte qui permettent, de plus, de les sauvegarder ou les échanger sans difficulté),
- la simplicité désarmante du balisage (…désormais splendidement épaulée par des barres additionnelles sur tous les bons traitements de texte).
- les options d’export élargies.
Ensuite j’ai ajouté les notes de bas de page de MultiMarkdown ce qui m’a amené à chercher des applications un peu plus riches dans leur capacité à traiter du Markdown.
Quelques révolutions sous mes yeux…
Même si je me suis rapidement enthousiasmé pour ce balisage rigolo et ses astérisques cosmétiques, je n’ai pas mesuré de suite sa portée dans mon quotidien. Or il est clair que cela l’a modifié de fond en comble en m’amenant à utiliser des outils légers et véloces au lieu de mes traditionnelles usines à gaz bureautiques, celles avec lesquelles j’ai passé plus de 25 années de ma vie.
À mes yeux, j’avais déjà eu la chance de vivre quelques chouettes révolutions qui, souvent, n’ont pas été perçues comme telles sur l’instant.
Les seules qui m’ont marquées de suite furent l’intrusion du Lisa dans ma vie professionnel, puis la concrétisation matérielle du GrosPad, à savoir le iPad.
À ce propos, ce qui m’a marqué reste…
- le Lisa bien entendu, mais pas tout seul : avec la suite lisa 7/7, son mulot et, ce, une année avant le Macintosh dans mon histoire personnelle
- l’application LisaDraw qui a été l’application qui m’a attiré vers Lisa, produit qui est devenu au fil des déclinaisons MacDraw puis Claris Impact… 20 ans de ma vie professionnelle en définitive…
- PostScript, illustrator et l’impression laser en noir et blanc
- Bien entendu PageMaker, Quark XPress avant de poursuivre sur InDesign
- Mention spéciale à FrameMaker qui m’a montré que l’on pouvait aller bien au délà de Microsoft Word même si je le savais déjà avec Colombine et Writer+. Regrets éternels pour son non portage sous OSX.
- Autre mention spéciale à ArtMixer…
- la première version de PowerPoint (celle de Forethought) avant son rachat par Microsoft tout comme celle de FileMaker du même éditeur…
- les premières numérisations de diapos (des ektas réalisées à Ravenne en Italie avec des parasols à rayures noires et rouille) avec un BarneyScan, ancêtre de PhotoShop…
- TextExpander pour m’éviter de ressaisir mille fois par jour les mêmes chaînes de caractères
- l’arrivée du grosprod, alias iPad
- et enfin Markdown et sa cohorte de traitements de texte même si je peux également évoquer l’emploi de .fountain pour rédiger sans peine des scénarios.
Certes il y a eu d’autres révolutions comme les LaserGraphics Film Recorder pour shooter nos diapositives réalisées sous MacDraw en 35 MM argentique, le format .otf (pour OpenType Font) qui explosait la limite des 256 glyphes, l’iPhone, la découverte du boîtier Kodak DCS Pro SLR juste avant qu’il ne soit plus commercialisé… les touches prédictives d’iOS 8, le mode dictée. Et bien d’autres choses encore.
…et une nouvelle révolution naturelle sous mes doigts…!
Mais, dans ces dernières années, hormis les disques SSD et la finesse de l’écran Retina, ce sont bien les traitements de texte et Markdown qui m’ont intéressé…
Après Daedalus touch, c’est la version de Ulysses III et Ulysses for iPad qui me permettent d’écrire. Bien entendu j’emploie des tas d’autres produits, de Editorial à Drafts 4 en passant par Day One, Byword, iA Writer. Mais pour écrire autre chose que des chroniques, me lancer dans la narration et assembler ces fragments épars, c’est Ulysses.
Bref, j’espère en vivre quelques unes encore avant de recycler mes atomes…
Pratiquement deux années à vider ce goulp…
J’ai renoncé à enregistrer mes allers et retours à la déchetterie. Je dois allègrement dépasser la trentaine de déplacements à vider méticuleusement dans les bennes dédiées.

Un ce matin, deux autres hier.
Comme d’habitude, du vrac, beaucoup de vrac : vieux abats-jours déglingués, trois tonnes de torchons limite moisis, de la literie, une table en métal (…qui a trouvé un nouveau propriétaire)… Une autre devait suivre mais je n’avais pas les clés pour la démonter.
Et puis il y a le prochain chargement qui commencer à s’entasser dans le garage…
Cette fois-ci, il s’agit des produits toxiques qui ne sont collectés qu’un jour donné : vieux détachants, produits non identifiés mais avec quelques symboles clairs, solvants, produits ménagers en fin de carrière, piles usagées, ampoules vrillées…

Pots de peintures, bidons d’huile moteur…

J’accumule le long de la porte du garage cet héritage (sic…!) en nombre…

En faisant un dernier tour, je tombe sur un ultime spot que j’avais délaissé… Joie et bonheur.
Cela aura nécessairement une fin. Ou pas…!