Bouger, regarder, apprécier l’instant avant de cadrer, voire …capturer une scène ! Rien n’a changé depuis mon premier (et unique…!) cours de Nazbrokology il y a une décennie exactement…!
Rien ?
Si…! Je ne perds presque plus de temps en post-production, j’ai cessé de demeurer des heures scotchées derrière un écran pour (…tenter de…) tirer de chaque cliché une éventuelle quintessence !
Si j’ai eu la chance de faire partie des premiers utilisateurs de la pré-version de Photoshop (j’avais reçu un coup de fil de mes amis de chez P-ingénierie…!), l’appli originale des frères Knoll développée pour le BarneyScan, cela fait une décennie que j’ai rompu les amarres avec les outils que j’employais dans ma vie professionnelle.
Un iPhone et hop…!
Je me contente des apps de la pomme croquée disponibles par défaut et de quelques apps… Un choix assumé.
Pas de coûteux boîtiers, d’optiques exceptionnelles même si j’ai toujours le 180 macro + deux chouettes boîtiers numériques grâce à deux amis, Renaud et Cyril ! Ce sont maintenant nos (grands) enfants qui les utilisent à leur tour même si j’en récupère un pour une promenade…
Non, je glisse l’iPhone dans ma poche avant d’enfourcher mon vélo…
L’iPhone me sert à rédiger cette micro chronique après m’avoir servi ce matin de boîte à pixels après m’avoir indiqué la météo du jour et permis de répondre à quelques SMS, enregistré mon trajet jusqu’à Porh-Coter…
La technique embarquée de mon vieil iPhone est assurément dépassée par tel ou tel produit (ou appli) mais je préfère traîner mes chaussures sur les chemins des villes ou de mon île avec cet écran accessible en une fraction de seconde…
Clin d’œil à Horvat…
En prenant de l’âge, je comprends bien mieux le basculement de Frank quand, dans les deux dernières décennies de sa vie, il a laissé son 85 mm pour ne circuler qu’avec un boîtier numérique et …léger !
Je le cite…
In the span of a few years, computers have transformed almost every human activity, from art to war and including business, love, food, medicine, police, prostitution and transportation. The last to get on the train were photographers, for strange reasons, such as regretting the darkness and the smell of the lab. Not in my case! For me, digitalization was liberation from repetitive and boring tasks, like measuring light and distance, bracketing, shading, spotting, filing, etc etc. The drawback, of course, is that photography has (apparently) become so easy, that the real difficulty, nowadays, is of getting people to look at your photos –simply because there are so many trillions of them on the internet! But this is precisely the kind of challenge I enjoy, both with An Eye on the Fingertips, my on going project, and with the present website.
[Deepl] En l’espace de quelques années, les ordinateurs ont transformé presque toutes les activités humaines, de l’art à la guerre, en passant par les affaires, l’amour, l’alimentation, la médecine, la police, la prostitution et les transports. Les derniers à prendre le train en marche ont été les photographes, pour d’étranges raisons, comme le regret de l’obscurité et de l’odeur de la chambre noire. Pas dans mon cas ! Pour moi, la numérisation a été une libération des tâches répétitives et ennuyeuses, comme mesurer la lumière et la distance, faire des bracketing, retoucher les ombres, corriger les taches, classer les fichiers, etc. L’inconvénient, bien sûr, c’est que la photographie est (apparemment) devenue si facile que la vraie difficulté, aujourd’hui, c’est d’amener les gens à regarder tes photos – tout simplement parce qu’il y en a des milliards sur Internet ! Mais c’est précisément le genre de défi que j’apprécie, tant avec An Eye on the Fingertips, mon projet en cours, qu’avec ce site web.
Pour le prix d’un équipement d’exception, j’ai préféré investir dans …un vélo de courses qui sert à tous…! Et, quand j’en dispose, flâner, déambuler, repérer des petites fleurs. Ou filer au marché.
Certes, mes clichés seraient plus professionnels avec du matériel de compétition, un Mac de dernière génération et un logiciel de post-traitement efficace comme CaptureOne.
Mais j’ai fait un choix différent : passer plus de temps à me balader, partager par SMS ces clichés bruts d’iPhone avec ma tribu et mes amis.
C’est tout…!
Entendu ce matin dans la La revue de presse internationale de l’épatante Catherine Duthu, la décision de la Suède d’abandonner les tablettes numériques en classe…
Surprise…? Non…!
Seules les entreprises qui s’attendent à disposer de bons petits soldats préformés protestent…
Le but est de permettre aux élèves de se concentrer de nouveau, de cesser de papillonner à la moindre difficulté en s’abandonnant — corps et âme…! — aux sirènes de contenus sans efforts.
Au-delà des aspects cognitifs, l’omniprésence des outils numériques a engendré des problèmes de distraction chronique. De nombreux élèves, au lieu de se concentrer sur leurs leçons, succombent à la tentation des jeux en ligne ou de la navigation internet. Cette situation a suscité des inquiétudes quant au développement des compétences sociales et à la capacité d’attention des jeunes générations.
Source : Échec cuisant des écrans à l’école : la Suède revient aux livres pour sauver l’éducation
Et de redécouvrir le plaisir de lire…
En raison […] de l’omniprésence des écrans […] les élèves ont perdu l’habitude de lire, […] les enseignants utilisent des polycopiés (faute de manuels) et […] les parents sont incapables d’aider leurs enfants.
Source : La Suède juge les écrans responsables de la baisse du niveau des élèves et veut un retour aux manuels scolaires.
Bref, ça réagit et les élèves découvrent ce que les (vieux…!) lecteurs de ce blog connaissent…!
Cette année, Marie Gellertz a offert à ses élèves un cadeau de Noël inhabituel : de nouveaux manuels scolaires. Leur réaction l’a prise au dépourvu. « Tous les élèves en réclamaient », dit-elle. « Ils ont aimé l’odeur des livres neufs ».
Source : Suède : les promesses déçues du numérique à l’école
Je ferais une analogie avec la nourriture de certaines chaines fastfood qui proposent une nourriture peu nutritive et sans saveur mais noyée sous une sauce agréable pour les papilles…!
Retrouver une véritable nourriture (je n’évoque pas seulement les plats en daube (mitonnés à faible température) mais essentiuellement des recettes simples à base de produits frais et de saison…) est souvent une révélation…!
L’ère du prémâché…!
Pour autant, la Suède ne se détourne pas des outils numériques. La plupart des enseignants les ont intégrés à leur pratique et les utilisent en complément de leur enseignement. Mais après des années d’expansion, le système se heurte juste à une évidence : aucune technologie, même très performante, ne peut transformer à elle seule l’éducation.
Source : Suède : les promesses déçues du numérique à l’école

Or, depuis des années et plus encore en ce moment, nous avons perdu le plaisir de chercher dans un index un mot/terme précis.
…Recherche qui me conduisait naguère à ce truc hyper agréable : un accident de lecture ! En cherchant un mot dans l’encyclopédie papier en une vingtaine de volumes, je bifurquais par pure curiosité sur celui qui le précédait ou dans la colonne adjacente…! Et je m’envolais pour une heure de découvertes, l’une en entrainant une autre…
Avec les moteurs de recherche, cette aventure n’existe plus…
Et encore moins, j’imagine, avec ce super copain T’chat qui a réponse à tout…!
J’aime me perdre dans les dictionnaires, particulièrement dans le dictionnaire historique du Robert…!
À suivre…
Mon état d’esprit au réveil : dès la première gorgée du matin, …el primer glop del matí en catalan — un bol de café en ce qui me concerne — rester curieux, contemplatif, ouvert à ce qui se présente sous mes yeux…
D’autant plus avec ces discours apocalyptiques de fin du monde…
Nul besoin de traverser les océans, soyons ouvert à l’imprévu…!
Hier, parti à pied et sac au dos comme à mon habitude, j’ai tour-à-tour discuté avec un jeune gars en train de repeindre les rampes d’une résidence ; puis avec un autre croisé naguère dans le bus et avec qui nous avons évoqué les échanges entre sourds-muets ; un troisième qui rentrait les poubelles et qui partage le même plaisir visuel de la floraison des arbres de Judée, etc.
Et dans l’intervalle, croiser un iris mauve, une euphorbe, une grande chélidoine…

J’ajoute en tant que petit vieux : bouger tant que nos corps nous permettent de nous déplacer !
Je pensais à cela ce matin en filant vers le centre-ville d’Aix-en-Provence (…quasiment tous les jours, je me fixe un but, un objectif basique comme rapporter du pain, des fruits…).
A contrario des influenceurs qui scotchent, immobilisent leur public devant un écran …je préfère nous inciter à sortir, aller voir en vrai notre territoire, espace que nous pensons connaître alors qu’il nous échappe…!
Pas besoin du regard des autres pour m’émerveiller des trilles d’un oiseau perché au-dessus de ma tête, sentir la chaleur des premiers rayons du soleil sur mes bras nus, m’immobiliser devant une touffe de bourrache…
Certes, d’aucuns transmettent un savoir faire : comment cuire son pain, fabriquer ses yaourts, des savoirs utiles qui risquent d’être fort prisés ces prochaines décennies…
J’essaye de redevenir ce #EthnologueDuQuotidien, cet observateur attentif de son territoire. Pas la peine de filer vers le dernier lieu instagramable à la mode (…comme cette favéla à Rio), mais simplement sortir sans nos œillères habituelles !
Avant de conclure ce billet, chouette rencontre mercredi, 20 secondes partagées avec une vielle dame élégante dans Aix-en-Provence …à qui je cède la place sur le trottoir d’un geste de la main et qui me taquine d’un œil rieur de ne pas avoir balayé le sol devant elle de mon chapeau imaginaire…!
Puis se marre quand je lui explique que j’évite que les plumes de mon couvre-chef soulèvent des pollens auxquels nous sommes particulièrement sensibles…!
Une personne que je serais heureux de croiser à nouveau…!
Pour le lecteur qui a eu le courage de lire ce 7400ᵉ billet, prenez le temps de flâner, de vivre ces brefs moments de complicité…
